Hochaanot (du terme hocha’a na, « de grâce, sauve-nous ») 1 : les prières particulières récitées chaque jour de Soukkot en tenant le loulav et l’étrog. 2 : les branches de saule avec lesquelles on a coutume de frapper le sol le septième jour de Soukkot, Hochaana Rabba.
Comment ces coutumes particulières sont-elles apparues ?
À l’époque du Temple, en plus de la mitsva de résider dans une Soukkah et de prendre les Quatre Espèces chaque jour de Soukkot, les prêtres « plaçaient des branches de saule le long de l’autel, le sommet des branches incliné au-dessus de l’autel », afin d’accroître la joie de la fête.1 Ils sonnaient ensuite du chofar, faisaient une fois le tour de l’autel et disaient : Ana Hachem hochia na. Ana Hachem hatsli’ha na (« De grâce, D.ieu, sauve-nous. De grâce, D.ieu, donne-nous la réussite »).2 Le dernier jour de Soukkot, appelé Hochaana Rabba, « la Grande Hochaana », les prêtres faisaient sept fois le tour de l’autel.3
La pratique de cette cérémonie dans le Temple lui-même relève de la loi orale transmise à Moïse au mont Sinaï.4
Les prophètes des générations suivantes ont institué que la cérémonie des Hochaanot soit également observée ailleurs, et elle l’est encore de nos jours.5 Au lieu de faire le tour de l’autel, les Juifs des synagogues du monde entier tournent autour d’un rouleau de la Torah tenu près de la bima (la table de lecture de la Torah),6 car, depuis la destruction du Temple, la Torah apporte l’expiation comme le faisait autrefois l’autel.7
Comme chaque strophe de la prière s’accompagne du mot hochaana, ces prières sont appelées « Hochaanot ».
Comment accomplir les Hochaanot
Note de la rédaction : Les indications qui suivent concernent la synagogue. Si l’on accomplit les Hochaanot chez soi, certains suggèrent de tourner autour d’un Tanakh posé sur une table.
Quand : Nous accomplissons les Hochaanot chaque jour de Soukkot pendant l’office du matin (pour Chabbat, voir ci-dessous). Beaucoup, notamment dans le rite ‘Habad, les accomplissent juste après le Hallel ; d’autres, après la lecture de la Torah ou après la prière de Moussaf.
Comment : On sort d’abord un rouleau de la Torah de l’arche, qui reste ouverte pendant les prières des Hochaanot. Le rouleau est apporté près de la bima, afin que le ‘hazane (officiant) et l’assemblée puissent tourner autour de la bima et de la Torah en portant les Quatre Espèces.
Nous tenons ensemble le loulav et l’étrog et les pressons contre notre cœur. (Si vous ne possédez pas votre propre set, le mieux est de l’emprunter à quelqu’un qui a déjà fait le tour de la bima, car les avis divergent sur la possibilité de tourner sans tenir le loulav et l’étrog.8 Mais que vous fassiez ou non le tour de la bima, veillez au moins à emprunter les Quatre Espèces pour réciter la bénédiction sur celles-ci.)
Le ‘hazane prononce à voix haute les quatre lignes suivantes, que l’assemblée répète après lui :
De grâce, sauve pour Toi, notre D.ieu, sauve de grâce !
De grâce, sauve pour Toi, notre Créateur, sauve de grâce !
De grâce, sauve pour Toi, notre Rédempteur, sauve de grâce !
De grâce, sauve pour Toi, Toi qui nous écoutes, sauve de grâce !
Nous tournons ensuite autour de la bima dans le sens inverse des aiguilles d’une montre9 en récitant les Hochaanot propres à ce jour de fête, qui figurent dans le siddour.
Les prières des Hochaanot ont été composées par le grand poète liturgique Rabbi Elazar Hakalir, qui, selon certains, vivait à l’époque de la Michna.10 Les versets sont, pour la plupart, classés selon l’aleph-beth. Les coutumes diffèrent quant au moment précis où l’on commence à tourner autour de la bima ; selon la coutume ‘Habad, le ‘hazane commence à prier à voix haute et l’assemblée commence à tourner au moment où l’on récite les versets correspondant à la lettre samekh ou ayin.11
Après avoir fait le tour de la bima, nous retournons à notre place et terminons la lecture des prières des Hochaanot. Nous continuons à tenir les Quatre Espèces jusqu’au moment où le ‘hazane s’apprête à commencer le kaddich (d’autres ont coutume de les tenir jusqu’après le kaddich).
(Durant l’année qui suit le décès de l’un de ses parents, une personne en deuil ne fait pas le tour de la bima pour les Hochaanot.12)
Chabbat : Le Chabbat, nous ne faisons pas le tour de la bima avec les Quatre Espèces. Certains ont coutume d’ouvrir l’arche et de réciter les Hochaanot sans tourner ni tenir les Quatre Espèces. D’autres omettent entièrement les Hochaanot de ce jour. Selon la coutume ‘Habad, on ne récite pas les Hochaanot le Chabbat. Le lendemain, on lit d’abord à voix basse celles du Chabbat, puis on fait le tour de la bima en récitant celles du jour.13
Hochaana Rabba : Le septième jour de Soukkot est appelé Hochaana Rabba, littéralement « la Grande Hochaana », parce qu’un plus grand nombre de prières des Hochaanot y sont récitées. C’est le jour où le jugement de la nouvelle année, prononcé à Roch Hachana et à Yom Kippour, est définitivement arrêté. C’est aussi le jour où D.ieu détermine la quantité de pluie que nous recevrons durant l’année à venir.14
À Hochaana Rabba, nous sortons tous les rouleaux de la Torah.15 Nous faisons ensuite sept fois le tour de la bima, comme le faisaient nos ancêtres autour de l’autel du Temple ce jour-là.16 Pendant les six premiers tours, nous répétons les prières des Hochaanot des six jours précédents. Pendant le dernier, nous récitons la strophe supplémentaire de Hochaana Rabba.17
Hochaanot : Une fois les Hochaanot entièrement terminées à Hochaana Rabba et les rouleaux de la Torah replacés dans l’arche, le ‘hazane récite le kaddich. Ensuite, selon une ancienne coutume instituée par les prophètes ‘Haggaï, Zekharia et Malakhi, on prend des aravot (branches de saule), on récite une prière particulière, puis on les frappe sur le sol. Selon la tradition kabbalistique, nous prenons un bouquet de cinq aravot18 afin d’adoucir les « cinq rigueurs » célestes. Ces branches sont appelées hochanot.
Pour découvrir d’autres coutumes et informations sur Hochaana Rabba, consultez cet article.

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